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ROUGE
GRENADINE
2
Les Gestes
brusques
Comme si cela
pouvait être drôle. Ma tête ricanait dans mon crâne, me faisant
comprendre que quelque chose s’était passé dans ma vie sans
que je ne m’en rende compte. Je ne pigeais pas. J’avais
froid, horriblement froid et mes yeux n’arrivaient pas à
s’ouvrir comme piégé dans un sommeil stupide. Pourtant,
j’étais bien conscient ! N’est-ce pas ?
Je palpai donc de ma main droite tout ce que je
pouvais toucher. Au départ, se fut mon torse nu que je sentis,
puis, rassuré de me savoir allongé sur un lit - on ne savait jamais
- je plaquai violement mes bras sur les côtés, comme ce que je
faisais d’ordinaire pour m’étirer, et là, un
rugissement effrayant attira mon attention, je venais
d’exploser ma main sur le corps de quelqu’un
d’autre. Me relevant brusquement, j’émis un cri de
stupeur en constatant que mon torse n’était pas le seul à
être nu (et apparent) et dévisageai avec de grands yeux ronds celui
qui était à mes côtés : Lewis. Oh my fucking God !
- Merci pour le réveil Andrew…
C’était très discret…
- Qu’est-ce que je fous là ? Répliquais-je
sèchement, remontant mon pantalon et cherchant mon t-shirt des
yeux. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Mon interlocuteur me regarda étrangement à son
tour, me voyant m’affoler dans toutes la pièce, en proie à
une crainte que je n’osais même pas formuler, du moins,
jusqu’à maintenant :
- On a pas couché ensemble ?! Rassures-moi
!
Lewis plaqua ses mains sur sa tête,
réfléchissant à une réponse convenable tandis que je tremblai
légèrement. Je n’étais pas homosexuel, c’était dans son
intérêt de me répondre que non, nous avions pas baisé
ensemble.
- Je ne crois pas, non… Mais vu
la… texture collante de ma main… Je crois qu’il
s’est passé autre chose… m’avertit-il en pliant
et dépliant ses doigts.
Je cru que j’allais vomir.
Mais au moins, cela expliquait l’allure
dans laquelle je m’étais réveillé. J’avais laissé un
homme me toucher, moi, alors que je n’avais jamais envisager
une chose pareille dans ma vie. A mes yeux, je faisais une large
distinction entre un vagin et un cul et en aucun cas que je
m’étais imaginé en compagnie du second. Bien sûr, Lewis
m’impressionnait, je le trouvai incroyablement beau et
agréable, mais pas au point d’en bander ! Merde !
- Il est quelle heure ? Demandais-je, le ton
désagréable.
- Euh… Apparemment, il est près de deux
heure du matin.
- C’est pas vrai ?! M’écriai-je,
apeuré. Il faut que j’y aille, je vais me faire niq…
tuer.
Le mot « niquer » me paru si mal
approprié à ce moment que je préférais le censurer gracieusement.
Regardant mon cher Lewis dans les yeux, je me reculai de lui,
légèrement craintif.
- Ecoutes, dis-je, où est-ce que j’aurais
pu laisser mon t-shirt et mon appareil-photo ? Il faut vraiment que
je m’en aille et… Il faut que je m’en aille
!
- Ca, je crois que je l’ai comprit, me
répondit-il, à mon avis, c’est resté dans le salon, sur le
canapé… Je me souviens encore t’avoir vu
t’écraser dessus.
- Probable.
Sans lui jeter un seul regard, je sortis de la
chambre et trouvai rapidement le canapé où j’avais abandonné
mes affaires. Les saisissant à toute vitesse, je finissais de me
rhabiller et me dirigeai immédiatement vers la porte
d’entrée. Avant que je n’eus le temps de
l’ouvrir, la main de Lewis s’écrasa dessus, il me força
à le regarder et je sentis une nouvelle fois la puissance de ses
yeux sur les miens. Ils me brûlaient, me consumaient, et
malheureusement, j’en frémissais.
- Il faudrait qu’on parle de ce
qu’il s’est passé, tu ne crois pas ?
- Ouai, mais nan Lewis ! Lui dis-je en tournant
mon visage vers la porte. Je dois m’en aller, je devais être
chez moi pour maximum vingt heure et pas plus de minuit en cas de
sortie, or, là, il est vraiment très tard et si je ne rentre pas
maintenant, je vais me faire décapsuler la tête.
- Ah… Je comprends, excuses-moi…
soupira-t-il en se détachant de moi.
J’ouvris la porte immédiatement après et
quittai les lieux de la même manière. J’allais arpenter les
rues de Paris à cette heure-là de la nuit, rien de pire pour ma
mère ! Quand j’aurais franchi le seuil de la maison, elle me
tuerait… Dieu merci que mon père était en voyage
d’affaire et ne rentrait pas avant demain soir, je pourrais
tenter de convaincre ma mère de ne pas lui en parler.
L’air extérieur s’était drôlement
rafraîchi durant mon sommeil. Mon mince t-shirt ne me protégeait en
rien du froid, pour un mois de mai, c’était bien triste.
Heureusement que je connaissais le quartier.
- Ainsi, c’était donc dans cet immeuble
que Lewis habitait, constatais-je dans un murmure, me retournant
sur la grande façade grise. Cool.
Une seconde plus tard, je prenais la route,
frémissant à chaque courant d’air qui venait me glacer le
sang. D’ailleurs, celui-ci avait trois raisons de geler de
cette manière : la première était qu’il faisait atrocement
froid, la seconde, c’était le fait que je ne me souvenais
plus tellement de ce qu’il s’était passé avec Lewis, et
la troisième, c’était en rapport avec la colère de ma mère
lorsque je rentrerai. Que d’inconvénients en un laps de temps
si court…
Me remémorer le visage de Lewis me força à
trouver des définitions sur les différents types de désirs
sexuelles. Etrangement, dés que je pensai à un mec, mon estomac se
tordait dans tout les sens, me faisant trembler sur place. Je
n’étais pas gay, ce n’était pas possible ! Bien sûr, je
n’avais rien contre eux, mais de là à… Non, je ne
pouvais pas avoir aimer ce que Lewis m’avait fait !
Avançant à vive allure, j’arrivais très
rapidement devant l’immeuble où j’habitais. Je
craignais déjà ce que j’allais pouvoir découvrir en rentrant
et bien sûr, une fois que j’enfonçais les clés dans la
serrure de l’appartement, mon cœur sembla
s’arrêter lorsque je découvris les chaussures de mon pères
installés aux côtés de celles de ma mère. Il était rentré…
Les battements de mon cœur accélèrent en même temps que mes
poils se hérissaient sur mon corps. Je n’étais pas près
d’aller me coucher.
- Andrew ! M’interpella la voix rauque de
mon père, me faisant pivoter sur place.
Je me retournai habilement vers le salon, là où
m’attendaient mes deux parents. Ma mère, inquiète, semblait
s’être rongée les ongles jusqu’au sang.
- Papa… dis-je sur une petite voix,
jetant un regard maladroit dans les yeux de mon père.
- Pas un appel ! Pas une seule idée de
l’endroit où tu étais ! Ton téléphone encore dans ta chambre
! Mais qu’est-ce qui t’es passé par la tête Andrew
?!
- J-Je me suis endormi chez un ami…
répondis-je en baissant la tête.
Le pire, c’est que ce n’était pas
totalement faux. Seulement, mon père n’admettait que très
rarement qu’une raison pouvait être valable. Sauf cas de
force majeure, il ne pardonnait pas sans avoir fait comprendre son
mécontentement… moralement et parfois…
physiquement.
- Ce n’est pas une bonne raison Andrew
!
- Je sais… Mais c’est la seule que
j’ai, et c’est la vraie… Alors bon…
Il me détailla une seconde, réfléchissant sans
doute à ce qu’il pourrait faire de mon cadavre une fois
qu’il m’aurait décapiter.
- Quand est-ce que tu apprendras à être un peu
plus sérieux ? Me demanda-t-il finalement, le ton plus posé mais
une teinte d’exaspération malgré tout présente.
Je haussai les épaules, ne sachant pas quoi
dire, alors il reprit, d’une manière beaucoup plus dure cette
fois-ci :
- On a tout essayé avec toi Andrew ! Les bonnes
choses comme les plus mauvaises ! Mais rien n’y fait ! Tu es
toujours aussi irresponsable et incroyablement stupide ! En plus de
ça ! Me cria-t-il en jetant un papier au sol qui s’avérait
être mon bulletin de note trimestriel. Qu’est-ce qu’on
va pouvoir faire de toi Andrew ? Tu n’es bon à rien ! Il y a
un an, j’t’aurais collé une raclée et là, t’es
bien trop vieux pour ce genre de chose ! Il serait peut-être temps
que tu sortes de ton monde et que tu te secoue !
A ce niveau là, j’aurais encore préféré
qu’il me frappe. Les larmes aux yeux, je fixai la fiche de
note qui restait immobile parterre, elle s’en tirait à
meilleur compte que moi.
- Ton père a raison Andrew, intervint
soudainement ma mère, tu es décevant, on en peut plus…
Est-ce que tu seras un jour capable d’entreprendre quelque
chose et de le réussir ? Ton frère et ta sœur n’ont eu
aucune difficulté avant toi, donc s’il te plaît, ne nous fais
pas la honte de devoir te présenter comme un raté à côté
d‘eux…
Sur ce coup, c’était franchement cruel,
mais j’encaissai, imperméable à cela, il le fallait. Il
n’était vraiment pas aisé de devoir se faire insulter de la
sorte par ses propres parents, surtout en voyant dans leurs yeux
qu’ils ne me haïssaient en rien, que ce qu’ils
disaient, ils le pensaient sincèrement et ne le faisaient pas pour
me faire du mal, me blesser.
- Nous allons nous coucher Andrew, on a veillé
suffisamment longtemps comme ça par ta faute…M’annonça
mon père sans pour autant me regarder.
- Ok… murmurais-je en retour, mal devant
ce qu’ils venaient de me dire.
- Quoiqu’il en soit, ne nous refait jamais
un coup pareil, Paris, ce n’est pas une petite ville,
s’il t’arrivait quelque chose…
m’embarrassa ma mère avec un regard peiné.
Puis je les vis s’éloigner de moi et
repartir dans leur chambre.
C’était donc tout, pas de punitions, pas
de hurlements pires que ceux qui venaient d’avoir lieu,
aucune dispute grave ? Voilà qui était franchement
culpabilisant…
. Bon moi je commence déjà à bien l'apprécier ce petit Andrew et puis son caractère me fera peut être avançer dans la vie aussi... ^^' je me comprend.
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Lilly
jeu 26 nov 2009 21:28