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Rouge Grenadine - L'Appareil-Photo  (Rouge Grenadine) posté le lundi 26 janvier 2009 16:44

ROUGE GRENADINE


1

L'Appareil Photo

 

    Ce niveau de surprise me perturba tellement que je cru que j’allais en tomber au sol, comme mort. Rares avaient été les occasions d’admirer un individu, de le trouver surprenant, ou encore alléchant. Or, c’était le cas de ce garçon pour moi, Lewis s’appelait-il. Cela n’avait rien à voir avec une quelconque attirance physique ou sexuelle, je n’étais pas homo, mais il était scandaleux de voir un type de cette envergure, aussi impressionnant, beau, frôlant la perfection. Lewis était un être incroyable, que je ne connaissais pas vraiment mais qui m’avait énormément intimidé durant notre première entrevue, il y a un mois.
    Je me souvenais encore de son allure première, lorsqu’il était apparu dans la salle, venant s’inscrire au concours de photo. Il était grand, un peu plus que moi, de quelques centimètres à peine, il avait un corps long et fin, nous nous ressemblions beaucoup à ce niveau là. Son visage était assez carré, lorsqu’il souriait, sa peau se rétractée, faisant saillir ses os discrètement. Il avait des cheveux épais et châtains foncés, s’il les laissait pousser, j’étais persuadé de les voir onduler. Ses yeux, eux, étaient marrons-orangers électrisants, ils paraissaient vifs et semblaient capter le moindre mouvement. J’admirais inlassablement son physique, si beau, on aurait pu croire qu’il sortait tout droit d’une série télévisé où le banal n’existait pas. Si seulement j’avais pu lui ressembler…
    - Je me suis peut-être trompé, pardon… me dit-il soudainement, interrompant mon souvenir de lui.
    - Comment ?
    - Tu n’es sans doute pas Andrew, je suis désolé de t’av…
    - Si si ! C’est bien moi ! Le coupais-je vivement, admirant un furtif sourire.
    Son regard croisa le mien maladroitement, un léger malaise s’installa entre nous, j’avais bien le sentiment qui ne se souvenait plus des raisons pour lesquelles il venait de me parler. Et moi, muet comme une tombe, je ne faisais que le fixer, détaillant son incroyable beauté et la façon dont ses cheveux absorbaient le soleil, les éclaircissant, leur donnant même une couleur d’or.
    - Je suis ravi de te rencontrer alors, dit-il finalement, tendant une main vers moi que je m’empressai de saisir.
    - Alors comme ça, tu es un des candidats ?
    - Oui.
    - Très bien.
    Malaise. Ma main était toujours dans la sienne, la secouant frénétiquement, ne cessant de lui dire bonjour. C’était tellement stupide, et il semblait aussi con que moi à ce niveau là. Puis, prudemment, nous nous reculâmes l’un de l’autre et notre gêne mutuelle s’estompa, laissant place à notre passion photographique.
    - Je peux voir tes clichés ? Ou peut-être que tu ne préfères pas, comme nous sommes censés être des concurrents ? Me demanda-t-il, gentil. Te voir prendre des photos ici, ça m’a intrigué.
    - Je doute choisir cette série là, donc ça ne me pose aucun problème.
    Je lui tendis mon appareil-photo d’un geste malgré tout réticent, et vivement, il partit en contemplation des quelques prises que j’avais fait. Il parcourut toute la séance d’aujourd’hui, puis, sans que je m’en souvienne, il tomba nez à nez avec des autoportraits de moi, que j’avais fait hier soir, dans ma chambre, à moitié nu. Je lui arrachai l’appareil des mains dés que je m‘aperçu du scandale, mais il le rattrapa rapidement, continuant de les regarder, une expression admirative sur le visage.
    - Tes photos sont extraordinaires !
    - Ouai, mais elles sont vachement personnelles, tu sais…
    - Je suis un mec, on est constitué de la même manière, me répliqua-t-il tout en continuant de regarder les photographies.
    - Lewis…
    Soudainement, il s’arrêta net, alors que les clichés devaient encore défiler sous ses yeux. Conscient de la bourde que je venais de faire, mon visage passa au rouge vif en quelques secondes.
    - Je n’ai pas le souvenir de t’avoir dit mon prénom Andrew.
    - Oh… oh…
    Son regard me parcouru tout entier, s’arrêtant sur chaque parties de moi. Je me sentais analysé. C’était déstabilisant.
    - Ce n’est pas grave, je suis ravi de savoir que j’ai pu te marquer au point que tu te souviennes de mon prénom.
    Je lui rendis un sourire gêné, puis il reprit la suite des photos. Mes joues devaient s’empourprer à mesure qu’il avançait dans mes archives, puis, au bout d’un moment, il s’arrêta sur l’un des clichés, où seul un drap noir venait cacher mes parties les plus intimes.
    J’étais debout au milieu de la pièce, de profil, le draps passait devant mon bas-ventre et s’enroulait autour de ma jambe, laissant toutes les autres parties de mon corps à l’air libre. Je savais parfaitement que s’il passait à une autre photo, il me verrait presque de dos et sans rien du tout sur moi, alors, dans un geste malheureux, je lui arrachai l’appareil-photo des mains et tremblait à l’idée qu’il pu me voir nu.
    - Hey ! S’écria-t-il.
    - Désolé, mais là, ce n’est plus très soft, donc franchement, on arrête les dégâts tout de suite.
    - Très bien… Excuses-moi alors, me dit-il timidement, un sourire honnête au visage. Si tu veux, je te paie un ou deux verres pour me faire vraiment pardonner.
    - Non, mais il n’y a pas de mal, ne t’en fais pas, rétorquais-je, tremblant de toute part.
    - Si, j’insiste, viens ! M’entraîna-t-il immédiatement, me tirant par l’avant-bras, posant ses mains au même endroit que Dana l‘avait fait, quelques minutes auparavant. Le geste me paru nettement moins dégoûtant que lorsque c’était la brune qui l’avait osé. Bien sûr, une fois qu’il se rendit compte que j’avançais sans broncher à ses côtés, il me lâcha et nous allâmes prendre place dans un petit bar, à quelques mètres, où il n’y avait presque personne -étonnant pour une ville comme Paris, cela dit en passant.
    Une fois installés, il me commanda un cocktail assez fort, et la même chose pour lui. Moi qui n’était pas tellement habitué à boire, je ne savais pas comment faire, mais il était prit d’un engouement si puissant rien qu’à l’idée de me payer quelque chose de cher que je finis par accepter, sans aucun regret, bien entendu.
    - Alors comme ça, nous sommes dans le même lycée ?
    - Paraît-il, répondis-je, ne me souvenant pas de l’avoir vu un jour.
    - Je n’aurais pas cru… Tu es en quelle classe ?
    - Encore en seconde, une nouvelle fois…
    - Ah ? Ca doit être pour cela alors, je suis en terminale, et on croise peu de seconde dans les couloirs.
    C’était pourtant vrai, les salles différées selon notre section d’âge. Les secondes étaient souvent dans le même bâtiment, et les premières dans le leur, ainsi que les terminales. Nous ne nous voyons qu’aux heures de sorties, ou alors au CDI, c’était assez frustrant, mes meilleurs amis étaient tous en premières actuellement et je ne les voyais pour ainsi dire, jamais - c’était peut-être la raison pour laquelle je les qualifiais de « meilleurs ».
    - Enfin bon… soupirais-je, nous ne sommes pas là pour parler de notre charmant bahut ! Fais voir tes photos, tu as vu les miennes, donc…
    - Hum… Tu as raison… répondit-il tout en se penchant un peu plus en avant sur la table et tirant une cigarette de son sac. Pour ce qui est des photos, ma carte mémoire est vide, je venais à peine de sortir de chez moi lorsque je t’ai croisé.
    A l’instant où il termina sa phrase, une flamme, de la même couleur que ses yeux, sorties de son briquet et une forte dose de fumée vînt donner un aspect particulier à la scène. Devant ce spectacle, je ne pouvais m’empêcher de sortir mon appareil-photo pour prendre quelques clichés de mon sympathique interlocuteur.
    - Tu fais quoi Andrew ?
    - Avec la fumée, les images sont captivantes.
    - Montres, m’ordonna-t-il en tendant la main.
    Je lui passai immédiatement mon appareil-photo, il regarda rapidement ce que je venais de faire, un léger sourire en guise d’expression.
    - T’es plutôt doué quand même… T’es un aussi bon en tant que photographe qu’en tant que modèle !
    Comprenant qu’il venait de se ré aventurer vers mes clichés personnels, je lui arrachai une nouvelle fois l’appareil-photo des mains et l’obligeai à s’excuser. Une seconde plus tard, nos savoureux cocktails étaient devant nos yeux.
    Hypnotisé par Lewis, tout le temps que nous passâmes à boire, je le prenais en photos sous toutes les coutures possibles - du moins, de son visage. Il se laissait faire, ne demandait qu’à voir de temps en temps, il semblait avoir confiance en moi. Je n’avais aucune idée si les photographies entre candidats étaient autorisées, mais quoiqu’il en soit, ces quelques clichés iraient dans ma galerie personnelle. Il était tellement beau que c’était une aubaine de le photographier actuellement.
    
    Environ deux heures plus tard, après mon troisième cocktail, je commençai à sentir certains effets de l’alcool. Ma vue se floutait en légèreté et mon humeur était insouciante. Je n’arrêtais pas de rire à la moindre occasion, sirotant de temps en temps dans le verre de Lewis.
    - Hey ! C’est la quatrième fois que tu me piques de ma boisson ! S’exclama-t-il, dans le même état que moi, quasiment, les joues rouges.
    Je ne répondais pas, me contentant de boire une nouvelle gorgée.
    - Tu sais quoi Andrew, j’ai une idée…
    - Dis toujours, répondis-je, posant nonchalamment ma tête sur mes poings.
    - Tu as pris des tas de photos de moi, mais je n’en ai aucune de toi… Ca te dirait de passer rapidement chez moi, le temps de faire quelques photos ?
    Mon cerveau, encore moins intact que d’ordinaire, tenta d’analyser l’offre qui me paraissait étrangement équitable. Rieur, j’acceptais sans réellement comprendre. Alors, je vis Lewis se lever pour aller régler la note de notre petite débauche puis il m’entraîna à l’extérieur du bar, titubant à ma manière.
    Une dizaine de minutes plus - du moins, il me semblait - nous étions arrivés dans un bel appartement qui se trouvait au quatrième étage d’un immeuble relativement aisé. Le décor me paraissait élégant, même noble, de jolis meubles égayaient les pièces et lorsque je fus arriver devant le canapé, je m’écrasais dessus, comme si j’étais chez moi.
    Voyant que Lewis sortait son appareil-photo, je mimai quelques poses exécrables, ayant du mal à me tenir normal. Après plusieurs clichés, je me relevai enfin, titubant comme un ivrogne, je me laissai prendre en photo, puis, comme si ce geste me parut naturel, je posai mes mains sur les épaules de Lewis tout en me collant à lui.
    Nos visages n’étaient plus qu’à quelques millimètres l’un de l’autre, je pouvais inhaler son haleine à la menthe et lui, pouvait sentir la douceur de ma peau qu’il venait de caresser au niveau de ma joue. A ce geste, je fermai mes yeux, laissant mon visage se reposer contre la paume de sa main chaude.
    - Andrew… Ca te dis de faire encore quelques photos ?
    Mes mains remontèrent au même moment vers sa nuque, venant palper la texture de ses cheveux.
    - Mais… continua-t-il, un ton plus bas, dans un genre un peu différent ?
    Sa voix se faisait sensuelle, agréable. Son front se posa sur le mien, nos lèvres s’effleurèrent une seconde.
    - Un peu comme celles que tu as pris hier soir, tout seul… dans ta chambre…
    Les yeux toujours clos, je sentis les dents de Lewis mordre délicatement ma lèvre inférieure, donnant encore plus d’envie à l’instant présent.
    - Tu veux bien ? Acheva-t-il de me dire, presque dans un murmure.
    J’acquiesçai au travers d’un bruit inutile, alors, sa main libre vînt attraper la mienne et il m’entraîna dans une autre pièce, laquelle fut beaucoup plus intime, avec un lit en son centre. Une fois à la hauteur de ce-dernier, Lewis posa son appareil-photo dessus, pour revenir plus librement vers moi et poser ses mains sur mes hanches. Ma bouche, alléchée par ce moment, alla déposer un léger baiser dans son cou, il ne prononça pas un mot, alors je continuai de l’embrasser, faisant glisser ma langue sur sa peau. Dans un geste brusque, je fus détacher de cette caresse car il me retira adroitement mon t-shirt, puis, avec une plus de rigueur, il me jeta sur son lit moelleux.
    Une fois que je fus un peu mieux installer, je me redressai sur mes coudes, regardant ce qu’il pouvait faire. Une seconde plus tard, il vînt s’asseoir sur moi, à califourchon sur mes cuisses, son appareil-photo en main. Plusieurs flashs me brûlèrent les yeux tandis que mes doigts s’infiltraient sous le chemisier de Lewis. Tendrement, je faisais sauter tous ses boutons, caressant au fur et à mesure son torse, alors qu’il continuait d’immortaliser chacune de mes expressions. Comme il ne semblait pas réagir à cela, je me décidai d’accélérer ma gestuelle et mes mains s’attaquèrent à la fermeture éclair de son pantalon. Sans mots dire, il ne fit que poser l’appareil-photo sur le côté pour venir capturer mes poignets, les écartant de leur tâche. Ce fut lui qui osa me toucher en premier, il baissa ma braguette sans soucis et passa sa main à travers l’ouverture, me faisant soudainement sursauter. Ses doigts, habiles, semblaient trouver leur proie sans aucune difficulté. Rapidement, je sentis mon jeans glisser le long de mes cuisses en même temps que Lewis ouvrait mon caleçon, faisant sauter les trois boutons dans un seul geste. Dés que ses doigts touchèrent ma peau nue, je soupirai langoureusement, me laissant partir en arrière, la tête s’enfonçant dans les couettes. Plusieurs flashs sortirent de l’appareil-photo, rendant l’atmosphère encore plus intrigante. Puis les mouvements de Lewis s’accentuèrent, me faisait vibrer de l’intérieur. Lui aussi devait se sentir troubler car il se pencha sans crainte vers moi et lorsque j’ouvris les yeux, se fut pour voir son visage à quelques millimètres du miens. Retenant mes gémissement du mieux que je pouvais, je sentis finalement ses lèvres se poser sur les miennes et nos goûts mutuels se mélangèrent ainsi. Tout en appuyant d’une main la tête de Lewis, et serrant de l’autre, le tissu épais de la couette, nous bougeâmes de plus en plus vite, sa main s’activant rageusement sur moi, faisant battre mon cœur à vive allure. Et alors que je me tordais dans tout les sens, un long râle sortit de ma bouche, détachant mes lèvres de celles de Lewis.
    En sueur, mes yeux s’écarquillèrent sur mon visage, plongeant dans les siens, couleurs du soleil. Je ne songeai même pas à l’acte qui venait de se produire tant mes sens accaparaient mes troubles. Silencieusement, je déposai de nouveau baisers sur ses lèvres, puis, alors qu’il s’allongeait à mes côtés, posant sa tête sur mes épaules, je sentis mon esprit chavirer et je sombrai dans l’inconnu, m’endormant, saoul.
    Et dire que je ne savais pas encore que j’aimais les hommes.

 

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Rouge Grenadine - Les Gestes brusques  (Rouge Grenadine) posté le mardi 27 janvier 2009 19:38

Le chapitre n'a pas encore été relu et corrigé, donc pardon pour les erreurs !

ROUGE GRENADINE


2

Les Gestes brusques

 

    Comme si cela pouvait être drôle. Ma tête ricanait dans mon crâne, me faisant comprendre que quelque chose s’était passé dans ma vie sans que je ne m’en rende compte. Je ne pigeais pas. J’avais froid, horriblement froid et mes yeux n’arrivaient pas à s’ouvrir comme piégé dans un sommeil stupide. Pourtant, j’étais bien conscient ! N’est-ce pas ?
    Je palpai donc de ma main droite tout ce que je pouvais toucher. Au départ, se fut mon torse nu que je sentis, puis, rassuré de me savoir allongé sur un lit - on ne savait jamais - je plaquai violement mes bras sur les côtés, comme ce que je faisais d’ordinaire pour m’étirer, et là, un rugissement effrayant attira mon attention, je venais d’exploser ma main sur le corps de quelqu’un d’autre. Me relevant brusquement, j’émis un cri de stupeur en constatant que mon torse n’était pas le seul à être nu (et apparent) et dévisageai avec de grands yeux ronds celui qui était à mes côtés : Lewis. Oh my fucking God !
    - Merci pour le réveil Andrew… C’était très discret…
    - Qu’est-ce que je fous là ? Répliquais-je sèchement, remontant mon pantalon et cherchant mon t-shirt des yeux. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
    Mon interlocuteur me regarda étrangement à son tour, me voyant m’affoler dans toutes la pièce, en proie à une crainte que je n’osais même pas formuler, du moins, jusqu’à maintenant :
    - On a pas couché ensemble ?! Rassures-moi !
    Lewis plaqua ses mains sur sa tête, réfléchissant à une réponse convenable tandis que je tremblai légèrement. Je n’étais pas homosexuel, c’était dans son intérêt de me répondre que non, nous avions pas baisé ensemble.
    - Je ne crois pas, non… Mais vu la… texture collante de ma main… Je crois qu’il s’est passé autre chose… m’avertit-il en pliant et dépliant ses doigts.
    Je cru que j’allais vomir.
    Mais au moins, cela expliquait l’allure dans laquelle je m’étais réveillé. J’avais laissé un homme me toucher, moi, alors que je n’avais jamais envisager une chose pareille dans ma vie. A mes yeux, je faisais une large distinction entre un vagin et un cul et en aucun cas que je m’étais imaginé en compagnie du second. Bien sûr, Lewis m’impressionnait, je le trouvai incroyablement beau et agréable, mais pas au point d’en bander ! Merde !
    - Il est quelle heure ? Demandais-je, le ton désagréable.
    - Euh… Apparemment, il est près de deux heure du matin.
    - C’est pas vrai ?! M’écriai-je, apeuré. Il faut que j’y aille, je vais me faire niq… tuer.
    Le mot « niquer » me paru si mal approprié à ce moment que je préférais le censurer gracieusement. Regardant mon cher Lewis dans les yeux, je me reculai de lui, légèrement craintif.
    - Ecoutes, dis-je, où est-ce que j’aurais pu laisser mon t-shirt et mon appareil-photo ? Il faut vraiment que je m’en aille et… Il faut que je m’en aille !
    - Ca, je crois que je l’ai comprit, me répondit-il, à mon avis, c’est resté dans le salon, sur le canapé… Je me souviens encore t’avoir vu t’écraser dessus.
    - Probable.
    Sans lui jeter un seul regard, je sortis de la chambre et trouvai rapidement le canapé où j’avais abandonné mes affaires. Les saisissant à toute vitesse, je finissais de me rhabiller et me dirigeai immédiatement vers la porte d’entrée. Avant que je n’eus le temps de l’ouvrir, la main de Lewis s’écrasa dessus, il me força à le regarder et je sentis une nouvelle fois la puissance de ses yeux sur les miens. Ils me brûlaient, me consumaient, et malheureusement, j’en frémissais.
    - Il faudrait qu’on parle de ce qu’il s’est passé, tu ne crois pas ?
    - Ouai, mais nan Lewis ! Lui dis-je en tournant mon visage vers la porte. Je dois m’en aller, je devais être chez moi pour maximum vingt heure et pas plus de minuit en cas de sortie, or, là, il est vraiment très tard et si je ne rentre pas maintenant, je vais me faire décapsuler la tête.
    - Ah… Je comprends, excuses-moi… soupira-t-il en se détachant de moi.
    J’ouvris la porte immédiatement après et quittai les lieux de la même manière. J’allais arpenter les rues de Paris à cette heure-là de la nuit, rien de pire pour ma mère ! Quand j’aurais franchi le seuil de la maison, elle me tuerait… Dieu merci que mon père était en voyage d’affaire et ne rentrait pas avant demain soir, je pourrais tenter de convaincre ma mère de ne pas lui en parler.
   
    L’air extérieur s’était drôlement rafraîchi durant mon sommeil. Mon mince t-shirt ne me protégeait en rien du froid, pour un mois de mai, c’était bien triste. Heureusement que je connaissais le quartier.
    - Ainsi, c’était donc dans cet immeuble que Lewis habitait, constatais-je dans un murmure, me retournant sur la grande façade grise. Cool.
    Une seconde plus tard, je prenais la route, frémissant à chaque courant d’air qui venait me glacer le sang. D’ailleurs, celui-ci avait trois raisons de geler de cette manière : la première était qu’il faisait atrocement froid, la seconde, c’était le fait que je ne me souvenais plus tellement de ce qu’il s’était passé avec Lewis, et la troisième, c’était en rapport avec la colère de ma mère lorsque je rentrerai. Que d’inconvénients en un laps de temps si court…
    Me remémorer le visage de Lewis me força à trouver des définitions sur les différents types de désirs sexuelles. Etrangement, dés que je pensai à un mec, mon estomac se tordait dans tout les sens, me faisant trembler sur place. Je n’étais pas gay, ce n’était pas possible ! Bien sûr, je n’avais rien contre eux, mais de là à… Non, je ne pouvais pas avoir aimer ce que Lewis m’avait fait !
    Avançant à vive allure, j’arrivais très rapidement devant l’immeuble où j’habitais. Je craignais déjà ce que j’allais pouvoir découvrir en rentrant et bien sûr, une fois que j’enfonçais les clés dans la serrure de l’appartement, mon cœur sembla s’arrêter lorsque je découvris les chaussures de mon pères installés aux côtés de celles de ma mère. Il était rentré… Les battements de mon cœur accélèrent en même temps que mes poils se hérissaient sur mon corps. Je n’étais pas près d’aller me coucher.
    - Andrew ! M’interpella la voix rauque de mon père, me faisant pivoter sur place.
    Je me retournai habilement vers le salon, là où m’attendaient mes deux parents. Ma mère, inquiète, semblait s’être rongée les ongles jusqu’au sang.
    - Papa… dis-je sur une petite voix, jetant un regard maladroit dans les yeux de mon père.
    - Pas un appel ! Pas une seule idée de l’endroit où tu étais ! Ton téléphone encore dans ta chambre ! Mais qu’est-ce qui t’es passé par la tête Andrew ?!
    - J-Je me suis endormi chez un ami… répondis-je en baissant la tête.
    Le pire, c’est que ce n’était pas totalement faux. Seulement, mon père n’admettait que très rarement qu’une raison pouvait être valable. Sauf cas de force majeure, il ne pardonnait pas sans avoir fait comprendre son mécontentement… moralement et parfois… physiquement.
    - Ce n’est pas une bonne raison Andrew !
    - Je sais… Mais c’est la seule que j’ai, et c’est la vraie… Alors bon…
    Il me détailla une seconde, réfléchissant sans doute à ce qu’il pourrait faire de mon cadavre une fois qu’il m’aurait décapiter.
    - Quand est-ce que tu apprendras à être un peu plus sérieux ? Me demanda-t-il finalement, le ton plus posé mais une teinte d’exaspération malgré tout présente.
    Je haussai les épaules, ne sachant pas quoi dire, alors il reprit, d’une manière beaucoup plus dure cette fois-ci :
    - On a tout essayé avec toi Andrew ! Les bonnes choses comme les plus mauvaises ! Mais rien n’y fait ! Tu es toujours aussi irresponsable et incroyablement stupide ! En plus de ça ! Me cria-t-il en jetant un papier au sol qui s’avérait être mon bulletin de note trimestriel. Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire de toi Andrew ? Tu n’es bon à rien ! Il y a un an, j’t’aurais collé une raclée et là, t’es bien trop vieux pour ce genre de chose ! Il serait peut-être temps que tu sortes de ton monde et que tu te secoue !
    A ce niveau là, j’aurais encore préféré qu’il me frappe. Les larmes aux yeux, je fixai la fiche de note qui restait immobile parterre, elle s’en tirait à meilleur compte que moi.
    - Ton père a raison Andrew, intervint soudainement ma mère, tu es décevant, on en peut plus… Est-ce que tu seras un jour capable d’entreprendre quelque chose et de le réussir ? Ton frère et ta sœur n’ont eu aucune difficulté avant toi, donc s’il te plaît, ne nous fais pas la honte de devoir te présenter comme un raté à côté d‘eux…
    Sur ce coup, c’était franchement cruel, mais j’encaissai, imperméable à cela, il le fallait. Il n’était vraiment pas aisé de devoir se faire insulter de la sorte par ses propres parents, surtout en voyant dans leurs yeux qu’ils ne me haïssaient en rien, que ce qu’ils disaient, ils le pensaient sincèrement et ne le faisaient pas pour me faire du mal, me blesser.
    - Nous allons nous coucher Andrew, on a veillé suffisamment longtemps comme ça par ta faute…M’annonça mon père sans pour autant me regarder.
    - Ok… murmurais-je en retour, mal devant ce qu’ils venaient de me dire.
    - Quoiqu’il en soit, ne nous refait jamais un coup pareil, Paris, ce n’est pas une petite ville, s’il t’arrivait quelque chose… m’embarrassa ma mère avec un regard peiné.
    Puis je les vis s’éloigner de moi et repartir dans leur chambre.
    C’était donc tout, pas de punitions, pas de hurlements pires que ceux qui venaient d’avoir lieu, aucune dispute grave ? Voilà qui était franchement culpabilisant…

 

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Rouge Grenadine - Bipolaire  (Rouge Grenadine) posté le vendredi 30 janvier 2009 20:27

ROUGE GRENADINE


3

Bipolaire

 

    Nous étions déjà lundi matin lorsque je décidai enfin d’émerger de ma vulgaire bulle de comateux. Cela faisait presque vingt-quatre que je restais dans ma chambre, la tête ailleurs, mon sac de cours toujours posé vulgairement contre la porte. Avais-je des devoirs à faire pour aujourd’hui ? Probablement. Quel était mon pourcentage de chance que j’aille le vérifier ? Inférieur à zéro. Mort de rire !
    Dans l’immédiat, j’étais agréablement allongé sur mon lit, mes jambes croisées et relevées en l’air contre le mur face à moi. Mon ordinateur portable était juste à côté de ma tête, diffusant mes albums en boucle pendant que je songeai à tout et n’importe quoi. N’importe quoi comme Lewis, tout comme la carte de mon appareil-photo remplie de lui, et lui simplement. De très beaux clichés en plus, vraiment sublimes, surtout ceux du bar, lorsqu’il m’a entraîné dans sa décadence. Il était irrésistible… Cela justifiait plus ou moins le fait que je me sois laissé tenter. Même un cheval aurait eu une érection devant lui !
    Me laissant tenter par la musique, je me mis à chantonner sans réellement faire trop de bruit - quatre heure, pleine nuit, le réveil dans moins de deux heures pour les parents, ce ne serait pas de bonne augure si j'étais découvert ainsi.
    « And truth be told I miss you, and truth be told I'm lying, tututututututu… »
    Très délicat de ma part. Et pour ainsi dire, je n’avais aucune idée de ce que je chantais de si bon matin, j’étais aussi doué en anglais que ma grand-mère. Et elle bouffait les pissenlits par la racine. Rassurant. Soudainement, mon téléphone vibra sur la table de chevet, je me redressai légèrement, admirant la chose se répéter une nouvelle fois et me décidai finalement à décrocher.
    - Ouai… dis-je d’un ton las.
    - Genre, tu ne dors pas ?!
    - DANA ?! m’écriai-je, manquant de tomber à la renverse.
    - Heu… Oui…
    Et voilà que le pot de colle s’amusait à m'emmerder la nuit désormais. J’étais sérieusement mal barré avec cette fille, il faudrait vraiment que je mette les choses au clair avec elle, elle épuisait mes ressources de bon sens.
    - Excuses-moi de te déranger, je ne pensais pas que tu décrocherais…
    - En même temps, tu m’appelles…
    - Je sais, je sais… se lassa-t-elle, une petite voix gênée en guise de parasite à ma cruauté.
    - Tu me veux quoi d’ailleurs, à cette heure là ?
    - Oh… Rien, je n’arrivais pas à dormir et puis, comme je pensais à toi, je t’ai appelé, sans me souvenir de l’heure qu’il était.
    J’émettais une sorte de grognement à son adresse. Voilà qu’elle devenait insomniaque et fantasmait sur moi. C’était grotesque.
    - Andrew ?
    - Ouai ?
    - Non rien… Je vais te laisser. Excuses-moi, encore une fois.
    - C’est ça, ouai, répondis-je avec une froideur qui m’était familière.
    - Bonne fin de nuit… me dit-elle gentiment, ignorant ma mauvaise humeur.
    - Toi aussi.
    Puis elle raccrocha avant que je n’eus le temps d’entendre l’intégralité de son soupire et de la manière dont elle reniflait. Visiblement, elle avait mal prit mon comportement ? Grand bien me face, je ne veux pas d’elle dans mon entourage, elle cessera peut-être de me tourner autour comme une abeille autour du miel, ou une mouche autour de la m….
    - Merde.
    Des pas précipités étaient sortis tout droit de la chambre de mes parents. Rapidement, je fermai mon ordinateur et me planquai sous mes couvertures, faisant semblant de dormir. Ma porte de chambre s’ouvrit quelques secondes plus tard, entre-ouvrant les yeux, j’aperçu la silhouette de mon père qui m’observait.
    - Andrew ? Me demanda-t-il.
    Je ne répondais pas, mimant le sommeil, cela dû marcher car après plusieurs hésitations à allumer la lumière et vérifier si je dormais vraiment, mon père s’en alla. Et ainsi blotti dans cette posture, en compagnie de mes oreillers moelleux et de mes couvertures chaudes, je sombrai enfin dans le néant, claqué comme une marmotte.
   
    Hélas, le réveil sonna rapidement après cet instant, me faisant regretter d’avoir veillé aussi tard. Peu habile, je me redressai tout de suite, sentant le froid attaquer ma peau alors qu’elle était si bien protégée sous mes couettes. A deux doigts de me laisser sombrer de nouveau, j’attrapai un vieux t-shirt et me dirigeai d’ores et déjà vers la salle de bain, titubant dans le couloir. Je haïssais les lundis matin, cela était toujours une épreuve abominable à supporter. Cette transition pour retrouver les habitudes du quotidien, beurk… Les gens étaient vraiment maso de faire cela chaque jour, comme si leur vie en dépendant (en fait, c’était leur argent qui en dépendait, et donc, par traduction, leur vie aussi...).
    Rapidement, j’allumais le poste radio et commençai à faire couler la douche. La musique que j’avais chantonné hier résonna à mon oreille, il s’agissait de Gives you Hell, une chanson des All-American Rejects, je m’en souvenais désormais. J’adorais ce groupe. Alors, sans aucune timidité, je reprenais l’un des meilleur comportement classique humain : je chantais sous la douche.
    - Hope it gives you hell ! Hope it gives you hell !
    - Andrew ! Moins fort s’il te plaît !! Hurla la voix de ma sœur, Joodie, tout en tapant contre la porte.
    Alors, ravi d’avoir déclenché une réaction de si bon matin, je lui répondais vivement :
    - WHEN YOU SEE MY FACE !! HOPE IT GIVES YOU HELL !!! HOPE IT GIVES YOU HELL !!!
    Je l’entendis rager avant de donner un violent coup de pied et partir en trombe ailleurs. Je priai intérieurement qu’elle ne prévienne pas les parents, la situation serait nettement moins drôle s’ils se mêlaient de nos emmerdements quotidiens.
   
    Une heure plus tard, après un regard noir de ma sœur et une prise de tête avec ma mère, je sortais de la maison et m’en allait vers mon ravissant lycée, songeant déjà à la magnifique journée qui s’offrait à moi. Il était clair que j’allais en profiter, comme tout les jours. Mon appareil-photo était rangé dans mon sac, j’avais dans l’espoir de prendre quelques clichés des individus de ma classe, ils ne se laisseraient peut-être pas faire, mais je savais que s’ils se lançaient dans une bonne partie de connerie, je pourrais les photographier sans qu’ils n’y pensent. J’allais donc pouvoir améliorer mes chances de gagner le concours (encore).
    Dés que je fus en mesure de passer les porte du lycée, je sentis une main aussi lourde que samedi se poser sur mon épaule. Vivement, je me retournai et déglutissais une nouvelle fois en apercevant le visage possessif, vivant, expressif, de Lewis.
    - Salut Andrew ! Me dit-il gentiment, plongeant ses yeux dans les mieux.
    - Lewis, quelle surprise ! Répondis-je, souriant maladroitement tout en avalant bruyamment ma salive.
    Lorsqu’il se rapprocha de moi, je me sentis brûler de l’intérieur. C’était effroyable, ce connard me troublait ! Mon cœur se resserrait en sa présence et dés que la douceur de son souffle se faisant sentir sur moi, je frémissais comme un gamin trop sentimental.
    - On devrait parler, m’annonça-t-il sérieusement, m’emmenant à bonne distance des autres gens qui passaient dans le hall.
    - Heu…
    - Je… Ce qu’il s’est passé samedi, il faudrait qu’on s’explique là-dessus, tu ne crois pas ?
    Mes yeux tombèrent au sol, vaincus, mes cheveux rouges vinrent me cacher de mon interlocuteur, et sans hésitation, je lui répondis sur un ton désinvolte :
    - Peut-être, mais pas maintenant Lewis !
    - Andy, il y a des phot…
    Il parlait, mais j’avais décidé de passer outre et m’étais éloigné à l’instant même où j’avais arrêté, de manière précoce, notre conversation. Peu importe ce qu’il voulait dire, il était hors de question que je laisse mon cœur s’emballer en sa présence ! Je n’étais pas homosexuel. Lewis ne me concernait en rien, ce que nous avions vécu, ce n’était qu’un souvenir, une chose à laquelle je ne repenserais plus jamais ! Jamais !


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Rouge Grenadine - Complication  (Rouge Grenadine) posté le mercredi 04 février 2009 19:47

ROUGE GRENADINE


4

Complication

 

    En arrivant devant ma salle de cours, je constatai - sans réelle surprise - que Dana était déjà là, le regard perdu dans le vide, écoutant son Ipod comme une paumée de la vie. Cela me rappela malencontreusement son appel de cette nuit, ça avait été si stupide et visiblement, elle ne s’en remettait pas, comme si cela pouvait m’avoir atteint.
    Lorsque je me posai contre le mur, en face d’elle, elle releva légèrement la tête, posa ses yeux sur moi et se détourna maladroitement, gêné. Je ne lui disais rien, qu’est-ce qu’elle voulait de plus ? Au moins, elle savait que je m’en fichai totalement. C’était correct de ma part ! Plusieurs gars de la classe se ramenèrent dans le couloir au bout de quelques secondes, je me précipitai vers eux, évitant ainsi d’être encore confronté à cette fille. J’avais besoin d’une compagnie un peu moins angoissée, limite frustrée.
    Rapidement, l’heure du cours arriva et comme dans une jetée de porcs dans un bac de boue, nous rentrâmes dans la salle. Gracieux. Obligatoirement placé aux premières tables de la salle, j’entamais un méticuleux dessin quand, au bout d’une trentaine de minutes, peut-être plus, la porte s’ouvrit et mon cœur s’enflamma à l’instant même, manquant de sortir par ma bouche. Lewis venait de refaire apparition, me plongeant une nouvelle fois dans une interrogation atroce. Gay or not gay ? That is the question ! Not, of course !
    - Bonjour, excusez-moi de vous déranger, mais on m’a chargé de venir chercher Andrew Loiseau.
    - Qui êtes-vous ?
    - Lewis Eliott.
    Mon professeur d’anglais regarda rapidement à travers ses petite lunettes ce bel… enfoiré d’intrus qui en avait après moi. Je ne savais pas si son histoire était vraie, mais j’avais sympathiquement peur de ce qu’il pouvait m’arriver si j’y réfléchissais de trop à ce sujet. Il voulait m’enlever.
    - Très bien, emmenez-le, de toute manière…
    Il toussota doucement afin d’éviter de formuler la fin de sa phrase qui me paraissait quelque peu vexante. Je décidai de ne pas m’en soucier, de toute manière, j’étais habitué, et puis avec mes parents sur mon dos, rien ne pouvait être pire. En retirant Lewis, bien entendu.
    Quelques secondes plus tard, je sortais de la salle avec mes affaires, tout en jetant un regard inquiet à mon emmerdeur, je le questionnai :
    - Dis-moi, t’es pas réellement chargé d’aller me chercher ?
    - Perspicace !
    - Te fous pas de ma gueule, j’préfère encore retourner en anglais si c’est ça !
    - Non, Andrew, il fallait que j’te vois et je n’ai trouvé de mieux que ce moyen-ci.
    - Hehem… acquiesçais-je stupidement.
    Il s’arrêta net tout en se mettant devant moi, ses yeux sans craintes, vifs et chaleureux me percutèrent immédiatement, me déstabilisant. Mon cœur enchaîna une vague de battements trop forts pour que je parvienne à rester zen et je commençai déjà à perdre toute faculté à observer sans rougir. Un sourire s’esquissa sur les lèvres de Lewis tandis qu’il continuait de me fixer.
    - Bon, il faut que tu viennes, j’ai quelque chose à te montrer…
    Il reparti au même moment, ne se rendant pas compte, au départ, que je restai là, à le regarder et que, dans un geste malheureux, mes yeux descendirent sur ses fesses. Oh my fucking God ! C’était un mec, il fallait que je me ressaisisse !!
    - Andy ! m’appela-t-il, se retournant à moitié.
    Et je reprenais la marche en sa compagnie.
    Après plusieurs couloirs qui me parurent encore plus silencieux que d‘ordinaire, il m’entraîna dans les toilettes du rez-de-chaussée. Je me stoppai net lorsqu’il se retourna sur moi et me tendit son appareil-photo.
    - Regardes les clichés Andrew…
    - Qu’est-ce que c’est ? Demandais-je, intrigué.
    - Je n’ai vraiment pas le courage de te le dire à voix haute, et puis…
    - Et puis quoi ?
    - Rien.
    Il me lança un magnifique sourire tandis que j’attrapais son appareil-photo. Allant dans le menu, je m’attaquai rapidement aux clichés qu’il m’avait demandé de regarder et là, je cru que j’allais poussé un hurlement abominable.
    - Oh my God ! C’est pas possible !
    - C’est pas fini…
    Mon cœur était en train de se décrocher de ma poitrine. En relevant la tête vers le miroir en face de moi, je constatai que mes joues avaient une teinte atrocement rouge tandis que les clichés de ma première et UNIQUE relation homosexuelle défilaient sur l’appareil-photo de Lewis.
    - Effaces-les ! Effaces-les toutes ! Ordonnais-je à mon… interlocuteur.
    - Je vais le faire, ne t’en fais pas.
    - Je te l’ordonne, je refuse que tu gardes des photos pareilles de moi ! Est-ce que c’est clair ?!
    Cette fois-ci, mon malaise s’écroula face à ma colère.
    - Je n’aurais jamais dû, mais jamais dû te suivre dans ce bar pourri !
    - Hey ! Avoues quand même que t’as passé un bon moment !
    - NON ! Criai-je, essayant de ne pas prêter attention à la sensation à la fois chaleureuse et frissonnante que j’avais dans le ventre.
    Un sourire étrange se dessina sur le visage de Lewis, il ne semblait pas croire ce que je venais de lui dire. Pourtant, j’avais été clair, mon « non » était impeccable, intransigeant, alors que pouvait-il imaginer d’autre ?!
    Je le vis s’avancer vers moi d’un pas sûr, il approcha son visage du mien, faisant frôler ses lèvres sur les miennes. Je me reculai instantanément, effrayé, puis, me retrouvant adossé au mur, je ne savais plus comment faire. Alors, dans un geste sûr, il posa ses mains sur mes hanches et callant mon bassin contre le sien. Je déglutissais. Ainsi positionné, je ne pouvais retenir les battements de mon cœur pendant qu’il rapprochait férocement son visage du mien et que sans aucune gêne, il m’embrassa. Au départ, ce ne fut qu’un baiser très bref, presque anodin, mais lorsqu’il se colla plus fermement à moi, j’ouvris - sans le vouloir (vraiment !) - mes lèvres, et pour la première fois en pleine conscience, j’échangeais un baiser fougueux avec Lewis. Un long, très long et humide baiser.
    Lorsqu’il se détacha légèrement de moi, laissant malgré tout son visage à quelques centimètres du mien, il me demanda à nouveau :
    - Andrew, avoues que tu as passé un bon moment l’autre soir…
    Je le fixai sans réellement savoir pourquoi. Mes yeux se plongèrent dans les siens une énième fois et lorsque je me dégageai de cette emprise qui me déstabilisait tant, je lui répondais, la voix plus faible que je ne l’aurais voulu :
    - Ne me touches plus jamais.
    A ces mots, il se recula de moi d’un bon mètre, me relâchant complètement. Son sourire s’était éteint, et il me regarda de haut en bas.
    - Très bien, les photos seront effacés, tu peux me faire confiance.
    Puis je le vis avancer vers la sortie des toilettes, me lançant bouleversé.
    - Aussi Andrew, excuses-moi de t’avoir fait une chose aussi atroce, compte sur moi pour faire comme si on ne se connaissait pas, je n’entacherais pas ta réputation.
    Et il disparut, m‘abandonnant. Je tremblai de toute part, encore retourné par ce que je venais de vivre. Ce qui était le plus atroce, c’était cet effet que Lewis m’avait fait. Je ne voulais pas y croire, c’était impossible pour moi, il était hors de question que j’en pince pour un garçon, c’était obligatoire. J’aimais les filles !
    Avançant vers la sortie des toilettes, je passai doucement la tête par la porte et regardai à droite et à gauche s’il y avait encore quelqu’un. Constatant que la voix était libre, je me manifestai dans le couloir, encore tremblant. Immédiatement, je prie la direction de la sortie du lycée, comme j’avais une heure de troue, j’allais en profiter pour me rafraîchir les idées et tenter d’oublier cette mauvaise phase, ainsi que cette mauvaise attirance.
    - Pas gay, je n’étais pas gay ! Pas gay ! Pas gay ! Murmurais-je en commençant à marcher le long du trottoir. C’était impossible !
    Et comme pour me prouver l’inverse, je fis à peine cent mètres que la silhouette atrocement belle de Lewis réapparue sous mes yeux, sortant de la boulangerie avoisinante. Paniquant, je courais me cacher derrière un poteau et n’osai plus bouger.
    Restant ainsi paralysé, je me focalisai sur une des lignes du passage piéton, essayant d’oublier que Lewis n’était pas loin afin de pouvoir démarrer de nouveau. Je n’eus pas le temps de rassembler tout mon courage qu’une main vînt se poser sur mon bras.
    - Tu joues à quoi là ? Je t’ai traumatisé à ce point là ?
    Mon visage s’empourpra de nouveau, Lewis me faisait face, encore et toujours Lewis. Le monde n’était peuplé que de lui !
    - Ta réaction est vraiment extrême Andrew, c’est limite vexant…
    - C’est pas ça…
    - Qu’est-ce que c’est alors ?
    Mes lèvres s’entre-ouvrirent légèrement, j’étais horriblement mal à l’aise, je ne savais même pas comment j’allais pouvoir prononcer ces mots. Soudain, tout en prenant une profonde inspiration, je réussi à murmurer :
    - Je suis gay ?

 

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Rouge Grenadine - La Bonne Question  (Rouge Grenadine) posté le jeudi 19 février 2009 15:21

Je suis hyper malade, donc pardonnez s'il y a des fautes dans le chapitre, c'est un miracle que je tienne assise sur une chaise tellement je suis K.O. C'est l'aspirine qui vient de me permettre de rester solide durant une paire d'heures. (sans compter que j'ai mauvaise conscience d'être malade juste avant d'être en vacances T_T ça m'épuise d'autant plus de me sentir paranoïaque avec ma classe qui doit se dire "lisa s'est foutue en vacances une semaine avant nous"... T___T *entend la voix de quelqu'un qui lui dit "mais tu t'en fous des autres ! è_é".. ouai.. vite fait.. T_T).

ROUGE GRENADINE


5

La Bonne Question

 

    Mes lèvres tremblaient comme pas permis. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait, je n’avais jamais été aussi nerveux qu’en cet instant, même les conflits avec la famille n’était pas bourrés d’une tension aussi effrayante pour moi. Je ne pouvais pas être gay, c’était impossible, c’était la dernière chose que j’avais envisagé dans ma vie, et voilà que mon propre corps me trahissait, qu’il bougeait et rêvait d’être entre les mains de Lewis. Ahhh… bominable !
    - Craques pas ici Andy, viens… me dit-il soudainement, m’attrapant par le poignet pour me tirer ailleurs.
    J’avais le sentiment d’avoir à nouveau cinq ans, c’était insensé.
    - Lâches moi… murmurais-je, essayant de dégager ma main qu’il serrait fermement.
    Mais il ne m’entendait pas, m’entraînant au travers de la foule qui ne semblait même pas nous remarquer. Après deux longues minutes de marches, il me força à rentrer dans un vieux bar que je ne connaissais pas vraiment ; j’y avais sûrement déjà mis les pieds, l’atmosphère m’était connue, mais pas depuis longtemps.
    Nous avançâmes entre les rangées de chaises et rapidement, nous primes place au fond du bar, là où il y avait de larges banquettes rouges. Lewis me força à m’asseoir sur l’une d’entres elles et prit place face à moi, de l’autre côté de la table, sur une chaise qui ne me paraissait pas confortable.
    - Si t’es pas gay, tu vas éviter de péter ton câble devant le bahut, sinon, tu vas te griller tout seul.
    Soupirant devant sa lucidité, je plaquais ma tête entre mes mains, coudes sur la table. J’étais réellement mal barré, j’aurais voulu que Lewis m’oublie, qu’il ne m’entraîne pas, mais il avait sans doute eu raison, s’il ne l’avait pas fait, j’aurais hurlé « je ne suis pas gay ! » devant un tiers des gens du lycée. Glauque.
    - Tu pleures ?
    - J’ai une gueule à chialer ?! Lui répondis-je, relevant la tête vers lui.
    Et effectivement, je ne pleurais pas, je n’aimais pas tellement ça de toute façon, un peu comme tout le monde à vrai dire, mais chez moi, c’était affreux, je ressemblais à un chat mouillé dés que je pleurais et puis, je n’allais pas craquer pour si peu ! Il n’était question que de ma sexualité pas de ma vie. Je ne pleurais pas facilement, mais je riais avec une simplicité effarante. Je venais sûrement d’une autre planète.
    - Pourquoi tu m’as entraîné ici d’ailleurs ? Demandais-je, regardant autour de moi, l’air un peu perdu.
    - Si t’avais vu ta tête tout à l’heure, tu m’aurais compris.
    Il me fixa étrangement. Je fronçais des sourcils et essayais de savoir ce qui pouvait tant le captiver.
    - T’es tout rouge Andrew…
    - Oh ça va ! Ta gueule !
    Je posais mes mains sur mes joues, tentant de connaître mon taux de gêne quand quelqu’un vînt faire le service. Nous commandâmes alors chacun une boisson différente, lui, il se ruait sur un cocktail (ivrogne !) tandis que moi, je préférais me reprendre en main face à un bon diabolo grenadine. Lorsque nous fûmes servis, il s’arrangea pour avoir l’autorisation de fumer dans l’enceinte du bar, et chose qui me surprit, il en eut le droit. Choqué, je le vis donc sortir son paquet de cigarettes et allumer l’une d’entres elles.
    - T’en veux une ? Me demanda-t-il.
    Je me pinçai la lèvre inférieure pour toute réponse et le dévisageait sans charme, aucun. Il ria devant mon expression et me donna une clope que je m’empressai de mettre à ma bouche, puis il me l’alluma, se penchant légèrement vers moi. Nous nous regardâmes durant tout cet échange, la flamme qui vînt devant ma cigarette illumina ses yeux de la couleur du soleil. Il m’attirait atrocement, et cette pensée réduit à néant mon espoir de ne pas être gay.
    - Tu ne devrais pas angoisser pour si peu, me dit-il, prenant une gorgée de son cocktail, appliquant un regard étrange sur moi.
    - Angoisser ? Pouah ?! Mais tu crois quoi ? Que je panique à l’idée de changer mes attirances ? Tu crois peut-être que je suis en stress parce que j’commence à préférer les… les… les…
    - Hommes ?
    - Pénis.
    - Vue sous cette angle…
    Mes yeux étaient grands ouverts, je fixai mon bourreau droit dans les yeux, il semblait se moquer de moi, se dire que je faisais tout un drame d’une chose stupide. C’était aussi ce que je pensais, si je préférais ces trucs aux filles, et bien, voilà, se serait ainsi ! Après tout, j’étais quelqu’un de très tolérants, mes parents m’avaient apprit à ne jamais mal juger quelqu’un de différent, sauf qu’ils avaient oublié de réfléchir à une chose : que je pouvais être une de ces personnes différentes ! C’était là mon dilemme, devais-je lutter ou fondre sur lui ?
    - Ecoutes Andrew, je sais que ce n’est vraiment pas facile, moi-même j’ai eu du mal le jour où j’ai compris que je préférais les garçons aux filles.
    Je déglutis en l’entendant affirmer son homosexualité, c’était idiot de ma part, mais j’avais peur de cela. Je ne voulais pas qu’il admette ça et qu’il me dise que ce n’était qu’une…
    - Ce n’est qu’une étape dans la vie.
    … une étape dans la vie. Merci, Lewis, t’es formidable, pensais-je, posant ma cigarette dans le cendrier.
    - Oui, et bien, ce n’est pas pour moi ? Compris ?
    - On dirait que t’essaies de te convaincre toi-même, me répliqua-t-il, un sourire amusé lui étirant les lèvres, lui donnant plus de charme encore.
    Soudainement, il se leva, et je cru qu’il allait m’abandonner ici, tout seul, à siroter mon diabolo grenadine et ma mauvaise conscience. Mais ce ne fut pas le cas, il vînt s’asseoir à mes côtés, se collant à moi et tournant son visage sérieusement vers le miens, qui restait  stupidement bloqué sur la table, les yeux écarquillés.
    Il n’y avait personne dans le bar, et nous étions cachés par un mur, ce qui me laissa deviné quant à la suite que Lewis envisageait. Je me reculais de quelques centimètres de lui, pas apeuré, mais déjà traumatisé. Il se replaça de la manière, s’avançant d’autant de centimètres que je m’étais décaler. Mon visage était crispé, et mon cœur battait un peu trop fort à mon goût.
    - Regardes-moi Andrew.
    - Non, répondis-je instantanément.
    Je savais parfaitement que si j’obéissais à cela, j’allais fondre, craquer et m’en vouloir. C’était un jeu cruel. Je perdrais à l’instant où mes yeux se fondraient dans les siens, dans sa couleur possessive, à envier et purement chaleureuse. Il dégageait trop de sensualité, il était beaucoup trop attirant pour moi, je ne pouvais pas me permettre de prendre un tel risque.
    - Andrew ! S’agaça-t-il, claquant fortement l’une de ses mains sur ma cuisse et la faisant glisser jusqu’à mon entre-jambe. Regardes-moi, tout de suite.
    Je ravalai ma salive, sentant que mon cœur allait s’extraire de ma poitrine à tout instant. Son comportement, sa manière de me parler, ses gestes, mon corps était attiré de toute part vers lui, ce n’était pas permis.
    - Andrew, je m’impatiente.
    Son visage n’était qu’à quelques millimètres du miens, je sentais son haleine contre ma tempe. Je devais trembler car il s’empara de ma main la plus éloignée de lui avec celle qu’il n’avait pas encore posée sur moi. Cette dernière, par contre, n’hésitez pas à remonter vers mon ventre, soulevant mon t-shirt. J’aurais hurlé au viol si je n’avais pas ressenti du plaisir à ce qu’il faisait. Oh Mon Dieu !!
    L’instant d’après, j’avais tourné ma tête vers lui et mes yeux se bloquèrent dans les siens. Il y avait trop d’émotions pour que je parvienne à me dire qu’il était humain, il semblait furieux, désireux de m’avoir rien qu’à lui et à la fois compatissant de ma peur. J’inspirai profondément quand il me dit, sur un ton bas, trop bas :
    - Enfin.
    Et sans que je ne puisse me contrôler, je lui bondissais dessus, m’écrasant sur lui pour l’embrasser avant qu’il ne le fasse, le renversant en travers de la banquette et écrasant mon corps contre le siens. Je ne pouvais me contrôle, c’était animal, puissant et profondément naturel. Lewis me faisait craquer, il me rendait fou. Je le voulais, je le voulais autant que l’on veut vivre. Ses mains caressèrent mes cheveux rouges tandis que je m’affolai sur lui, ne supportant plus de résister à l’appel de son corps, à l’appel du miens aussi. Ma raison s’évanouissait, déjà que je n’étais pas pourvu de beaucoup de valeur, mais alors là, elles s’effondraient toutes les unes après les autres tandis que mes mains s’enfonçaient sous le chemisier de Lewis. Je devais être encore plus sauvage que lui durant ces dernières minutes, mais il m’avait cherché, il ne savait pas à quel point je pouvais être…
    Il me repoussa brutalement, me forçant à me rasseoir à ma place et plaqua ses mains sur mes hanches.
    - Waah.. Andrew, c’est… radical.
    Mes yeux étaient grands ouverts, je n’étais plus sur la planète Terre, j’étais perdu dans son immense soleil. Il me tuait ma réalité à coup de désirs et d‘envies.
    Essoufflé, il m’embrassa à son tour, essayant de reprendre les dessus sur moi, seulement, je faisais en sorte d’être plus fort que lui, et je grimpai sur ses cuisses, à califourchon, tandis que je le plaquai contre le dossier de la banquette. Je le dominai complètement, le rendant plus faible qu’il ne l’était, il me jeta un regard ambiguë et me dit, le ton aussi vif que ses yeux :
    - Ca va pas se passer comme ça !
    Et il me rejeta une nouvelle à ma place, bloquant cette fois-ci mes poignets dans mon dos, entre ses mains.
    - On est dans un bar Andrew, et tu viens à peine de prendre conscience de ce que tu voulais, t’es limite en transe là, tu fais flipper, et je ne tiens pas à être encore victime de tes sautes d’humeurs, alors…
    Il était juste au-dessus de moi, son corps écrasé contre le miens pour m’empêcher de bouger. Je me débattais, essayant de lui bondir à nouveau dessus, mais il me maîtrisait un peu trop bien, il était plus fort que ce que j’avais pensé. Son regard se perdit dans le miens, plus sérieux que durant les dernières minutes. Je savais qu’il voulait à tout prix m’embrasser, mais il résistait à se torturait. C’était intense, ce désir, vraiment, je n’avais jamais connu ça, même pas avec une fille, ce n’était pas de l’amour, ce n’était pas du désir, c’était autre chose, il y avait une forme d’attirance bizarre qui me reliée à lui, un lien à la fois brutal, troublant et passionnant.
    Lorsqu’il me relâcha enfin, libérant mes poignets endoloris par tout ce poids, je compris au moins une chose : si nous avions une relation, elle ne serait en rien romantique.

Plaisance => Hey ! {#} Merci beaucoup pour tes compliments ! Ca m'a vraiment fait plaisir ! Et puis, bien sûr, j'accepte ta demande d'amitié sans aucun soucis ! {#} Merci encore !!

 

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