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Rouge Grenadine - Minou Minou !  (Rouge Grenadine) posté le lundi 23 février 2009 17:10

ROUGE GRENADINE


6

Minou Minou !

 

    - Andrew, ressaisis-toi ! Me dis-je discrètement à moi-même, le soir venu, assis devant mon ordinateur. Tu vas te prouver que les vagins et toi, c’est pour toujours !
    Je fixai l’écran comme s’il était mon adversaire. Il fallait que je parvienne à oublier cette maudite lubie que représentait Lewis, il fallait que je mette un point d’honneur à ce problème (et que j’arrête d’être si… tendu, en pensant à lui).
    Me dirigeant immédiatement sur Internet, j’éteignais rapidement la lumière de ma chambre, je ne tenais absolument pas à voir mes parents débarquer dans l’instant. Google s’ouvrit devant mes yeux avides de ma future liberté, et sans plus attendre, je fonçais dans mes adresses favorites et trouvai facilement ce que je convoitais ; l’un des meilleurs sites de cul que je puisse connaître au monde !
    La barre de recherche des vidéos en streaming me demanda de taper plusieurs mots clés, et bien sûr, le site était en anglais, mais lorsqu’il s’agissait de ce genre de distraction, je me révélais très doué dans cette langue.
    - Pussy… pussy est un mot important…
    Il fallait absolument que je vois un vagin, c’était vital pour ma sexualité, si je me sentais en parfaite osmose avec une image de paire de gros sein qui remues, alors là, je serais délivré ! Il fallait que cette habitude me revienne de droit, c’était important. Je cliquai alors sur la première vidéo qui passait, la lançant sans plus attendre, et patientai quelques secondes le temps du chargement. Posant mon regard sur mon caleçon, je lui murmurais très élégamment :
    - Tu vas voir qui c’est qui commande ici !
    Et sans plus attendre, je démarrai la vidéo, mettant mon casque sur les oreilles. Le scénario de base était tellement vulgaire que je cru ne jamais pouvoir regarder plus d’une minute, mais il fallait que j’en passe par là pour revivre au grand jour, sans passer par un coming out auprès de mes parents.
    Ainsi, dix minutes passèrent, la fille avait déjà eu le temps de côtoyer les parties les plus… intimes du garçon, mais, malheureusement, presque rien ne se passait en bas, sur moi. Déçu, je retirai la vidéo et en cherchai une autre. Le temps que je trouve de quoi me satisfaire, et le peu de choses qui avaient tenter de se montrer se démotivèrent, me forçant à me sentir de plus en plus stupide à faire ça. Pourtant, ce n’était pas comme si c’était la première fois ! Je venais parfois sur ce site, mais les raisons étaient différentes, je ne tentais pas de me prouver que je n’étais pas gay, je me faisais simplement plaisir en ce temps là ! Or, aujourd’hui, la cause était bien moins agréable.
    Un éclair de génie me traversa alors l‘esprit, peut-être qu’en lançant une vidéo entre mecs, je serais tellement choqué et dégoûté que rien ne se passerait aussi ! Si ça se trouvait, j’étais simplement pas d’humeur à ça ce soir (cas rare, cela dit). Un sourire réapparaissant sur mes lèvres, je me mis à taper les mots comme « gay » et « sex » sur mon clavier, fière d’avoir trouver une autre technique pour effacer Lewis de mes pensées. Sans aucune crainte, j’ouvris la première vidéo qui passait et me lançai dans l’opération « n’aime pas les pénis ». Ricanant, j’attendis quelques minutes, déjà sûr de moi. Le départ fut comme je le rêvais ; aucune réaction.
    - T’as vu ça, hein ! Dis-je en regardant de nouveau mon caleçon. T’as perdu !
    Tout à coup, sachant que durant le temps où j’avais baissé la tête, j’avais décidé d’aller plus loin dans la vidéo, un son étrange me parvint aux oreilles ; un bruit de succion. Me redressant soudainement tout en voyant deux hommes se faire le plus grand bien, magner la situation bien mieux qu’une… une fille, je sentis ma propre… ma propre trahison me répondre : « Ah Ah Andrew ! C’est toi qui a perdu !! ».
    Un cri aiguë sorti alors de ma bouche tandis que j’essayais de contrôler une chose incontrôlable. Refermant mon ordinateur portable sans aucune délicatesse, j’étouffais le hurlement d’un « non » et faisait semblant de pleurer alors que la dure (malheureusement) réalité de mon homosexualité se dévoilait (presque) au grand jour (du moins, mon jour).
    - C’est pas possible…
    Et un murmure dans ma tête se fit entendre : « Game Over ».

    Le lendemain, je me traînai tristement au lycée, sans aucune envie de croiser Lewis, ni qui que se soit. La confirmation d’apprécier plus les hommes que les femmes me déstabilisait horriblement. J’avais l’impression que tout le monde me dévisageait, comme s’ils étaient tous au courant de mon changement - si changement il y avait.
    Quand j’avais détaillé Lewis la première fois, et lorsque je détaillais mes amis pour les photographies, je pensais que ce n’était que d’un œil artistique, mais Lewis m’avait prouvé l’inverse de cela, en fait, je devais être bisexuel - je ne pouvais pas encore me considérer comme totalement attiré par les mecs, c’était plus fort que moi - depuis plus longtemps que je ne le pensais, sauf que je n’y avais pas encore vraiment pensé.
    Je soupirai, presque malheureux, en arrivant devant le bahut. Au loin, j’aperçu Dana, elle me fixait intensément, les yeux plein de gênes, elle n’osait plus me parler depuis le coup de téléphone, et tant mieux, elle n’avait aucune chance avec moi, cette fois-ci, elle pouvait en avoir la certitude. Je comprenais mieux maintenant, ce qui pouvait m’empêcher de la vouloir, c’était désormais limpide. Et comme pour me prouver ces dires, Lewis sortit du lycée, allant sans doute fumer une cigarette à l’extérieur, en le voyant doubler Dana, je pus faire une comparaison entre eux, et mon cœur s’enflamma en pensant à lui, plutôt qu’à elle… même nue. En passant à côté de moi, Lewis me frôla de son épaule, plantant son regard dans le miens, je déglutis face à cette approche. Il m’envoya un furtif sourire tout en mettant sa cigarette à sa bouche (geste que je trouvais soudainement érotique, vu ce que j’avais aperçu hier, sur la vidéo). Je voulu le suivre du regard, et peut-être même l‘accompagner, mais ma gêne me força à rentrer dans le bahut, comme si de rien n’était - hormis mon cœur proche de l’explosion, tout était parfait.
    - Tiens, v’là le débile qui redouble une troisième fois sa seconde ! S’écria une voix que je ne connaissais que trop bien pour la maudire plus que tout.
    - Oh, Liposuccion ! J’espère que tu vas bien toi aussi ? Répondis-je, un grand sourire aux lèvres comme si j’étais ravi de le voir.
    Surnom très fin, oui, mais ô combien excellent ! Je nommais ce garçon ainsi parce qu’il avait une peau grasse, visqueuse et qui semblait tomber comme si on lui avait retirer toute sa graisse. Digne d’une liposuccion ratée, quoi ! Et comme nous ne nous supportions pas, les petites attentions comme celles-ci me plaisaient grandement.
    Son véritable prénom était, il me semblait, Daniel. A bien le regarder, ce n’était pas un laideron sur patte, il me faisait juste penser à vautour, c’était tout. Il avait des cheveux noirs relativement longs, des yeux de la même couleurs et surtout, une allure grossière. En principe, il s’habillait toujours avec des habits semblables, parfois, j’avais l’impression qu’il n’avait que ça à se mettre, c’était assez effrayant. Mais bon, comme je ne l’aimais pas, le voir se fringuer comme un porc qui pue ne me dérangeait pas !
    - Fais gaffe, tu pourrais avoir des ennuis à m’appeler comme ça ! M’avertit-il, me faisant avoir un immense sourire aux lèvres.
    - Pourquoi, tu vas lancer ton cerveau à ma poursuite ? Dans ce cas, j’ai encore une sacré marge pour fuir !
    - C’est toi le crétin !
    - Qui dit « crétin », dit alors « le cerveau déconne », donc moi au moins, j’en ai un !
    Je le vis commencer à s’élancer vers moi avant d’être rattraper de justesse par l’un de ses amis ; un garçon aux cheveux opposés à ceux de Liposuccion, des cheveux aussi blonds que le blé. Impressionnant de les voir ensemble.
    - Casses-toi, m’ordonna alors ce type, me dévisageant.
    - Penses à te laver les mains, lui répondis-je, fixant le bras encore tenu de Daniel.
    Ce dernier manqua de s’élancer à nouveau en comprenant mon sous-entendu, je partis en courant avant qu’il ne s’énerve de trop et continuait de rire comme un idiot. Ce type me défoulait, c’était excellent, je n’avais que très rarement rencontrer des gens aussi inutiles.

    Les heures de cours passèrent à une vitesse incroyable, j’étais passé du matin à dix-huit heure sans réellement m’en rendre compte, cela dit, j’étais pas mal dans la lune donc le temps allait très vite, ce n’était pas pour me déplaire.
    A la sortie du lycée, j’aperçu une petite silhouette qui semblait patienter et qui s’était tourné vers moi à l’instant même où j’étais apparu. Soupirant, je m’approchais de Dana sans en avoir vraiment l’envie.
    - Andy ? M’appela-t-elle, sans me laisser le temps d’ouvrir ma propre bouche.
    - Oui, que veux-tu ? Demandais-je, le ton relativement sec.
    - Ecoutes, je sais que tu me prend pour une conne, une fille nulle, stupide et atrocement gamine, je l’ai compris ces derniers temps, mais tu vois…
    Elle marqua une petite pose, prenant une grande inspiration :
    - Andrew, je suis amoureuse de toi… Et…
    - Ne dis rien d’autre Dana, la coupais-je, n’ayant pas envie de devoir lui faire du mal.
    Je réfléchissais à un moyen de lui dire gentiment qu’elle ne m’intéressait pas et qu’elle n’avait aucune chance avec moi, quand je vis Lewis sortir du lycée à son tour, atrocement beau, m’attirant d’autant plus que d’ordinaire. Le soleil était fort bas à cette heure-ci et cette luminosité donnait une importance encore plus grande au charme de Lewis, c’était une souffrance que de le voir avancer, me fixant intensément. Alors, sans trop attendre, perturbé par cette vision, je me retournai sur Dana et l’embrassai à pleine bouche…
    Bien joué…

Mélo => HAN ! Horreur ! Comment peux-tu comparer MON Valéry à Daniel XD OMG!! Il est la représentation d'une personne que je n'aime pas et qui porte aussi ce nom là ! J'm'étais pris la tête avec, du coup, j'ai créé un perso inutile et moche x)... Mon pauvre petit Val d'amour... OMG OMG.. *met ses mains sur les oreilles de Val* N'écoutes pas la vilaine Mélo mon chéri é.è

 

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Rouge Grenadine - Lunatique  (Rouge Grenadine) posté le dimanche 08 mars 2009 01:33

ROUGE GRENADINE


7

Lunatique

 

    J’étais vraiment le roi des cons, le mec qui se plantait de cible à embrasser et qui gardait sa connerie sur sa conscience. Moi, Andrew Loiseau, je n’étais franchement pas doué. J’avais fait fuir Lewis à une vitesse surprenante, cette manière qu’il avait eu de passer à côté de moi en m’ignorant, sans même me jeter un regard, j’en avais encore des frissons dans le dos. Et Dana, heureuse de se dire qu’elle avait enfin eu raison sur mon compte, elle qui se disait que je l’aimais réciproquement, mon Dieu, si elle savait la vérité. J’étais juste un bi ou un gay qui ne s’assumait vraiment pas, qui fuyait, se cachait et se plantait royalement. Pourtant, je désirais plus que tout embrasser à nouveau Lewis, avec lui, un simple baiser se transformait en feu sur ma bouche, c’était intense et vivant, alors que lorsque mes lèvres ont rencontré celles de Dana, je n’avais rien senti, même pas une envie de la serrer contre moi. C’était abominable, et dire que j’avais tout fait foirer.
    Alors je devais absolument bouger, aller voir Lewis avant qu’il ne soit trop tard. Je me souvenais encore de là où il vivait, du moins, à peu près. Mais pour ce faire, je devais passer par-dessus l’autorisation de mes parents, et ça, ce n’était pas encore gagné. Alors j’avais deux solutions : demander et me prendre un « non » en pleine tête, ou alors faire le mur (faire la porte, plutôt) et revenir discrètement durant la nuit. Comme je n’avais pas le choix et que je devais à tout prix m’excuser auprès de Lewis, je prendrai la seconde solution, sans aucune hésitations. Je voulais le revoir.
    Vers vingt-deux heures, je fuyais donc mon environnement familial et partais dans une mission suicide où l’objet à retrouver devait m’en vouloir sérieusement. Grâce à mon sens de l’orientation, je ne mis qu’une demi-heure à retrouver l’immeuble où vivait Lewis, sans chercher à comprendre, je rentrai dans le bâtiment et montai jusqu’à l’étage où le nom « Elliot » apparaîtrait. Sans trop de difficulté, je me retrouvai devant chez lui, le cœur battant à vive allure, me détruisant la poitrine avec puissance. Il allait me buter en me voyant.
    Réunissant mon courage, je toquai à la porte et quelques secondes plus tard, Lewis m’ouvrit, un sourire absent sur les lèvres.
    - Comment on se débarrasse de toi ? Me demanda-t-il, exaspéré.
    - Heu… Je voulais m’excu… commençais-je à dire avant d’être interrompu par une gifle instantanée en plein visage.
    Celle là, sur le coup, je ne l’avais pas prédis. Je n’aurais pas cru qu’il serait à ce point remonté contre moi. Remarque, j’avais une tête à tartes, alors bon, j’aurais dû y penser.
    - Tires-toi d‘ici Andrew, me dit-il clairement. En plus, je ne suis pas seul.
    Cette dernière phrase me fit écarquiller les yeux grossièrement. Oubliant la douleur que je ressentais sur ma joue droite, je le poussai de toutes mes forces et rentrai dans son appartement sans prévenir et découvris, aussi étonnant que cela puisse paraître, le mec blond, pote de Liposuccion !
    - T’es vraiment con Andrew ! M’insulta alors Lewis en allant rejoindre l’autre gars pour le serrer par la taille, passant à côté de moi comme si de rien n‘était. Maintenant, casses-toi, je n’ai vraiment pas envie de te voir, les indécis, je les évite, et tes sautes d’humeur commencent très sérieusement à m’agacer, alors oublis-moi et prends une autre cible, mâle ou femelle, je m’en contre-fiche mais barres-toi de chez moi !
    Le blond passa ses mains le long des hanches de Lewis, soulevant légèrement son t-shirt, me faisant signe qu’ils avaient quelques activités à pratiquer. Haineux, je préférai partir sans commentaires, claquant violemment la porte d’entrée pour aller m’écraser contre un mur au niveau de la cage d’escalier, là où il ne pourrait pas me voir. Pour le moment, je n’avais pas le cran de repartir, c’était tellement stupide, je venais de me prendre la plus grosse tôle du monde en pleine tête, Lewis me haïssait et ne voulait plus me revoir, quand à ce blond, il répéterait sûrement à Lipo que j’étais gay, c’était certain ! Mes jours étaient désormais comptés, j’étais bon pour en baver…
    M’éclatant les mains sur le visage, j’essayai de faire sortir quelques larmes de mes yeux, après tout, ma situation était difficile désormais, c’était une souffrance ce que je vivais ! Mais non, mes yeux restaient complètement secs, je ne prenais jamais rien au sérieux, même pas ma vie sociale ou ma vie sexuelle, même lorsque quelqu’un décédé, je ne pleurai pas, alors, il était logique que je n’arrive pas à chialer pour Lewis. Malgré tout, j’essayai d’imiter les sanglots de ceux qui souffrent, des espèces de faux tressautements de ma voix se firent entendre, mimant les pleurs. C’était d’une laideur incomparable. Je n’arrivais pas à pleurer. Alors, dans un soupir, je me relevai et fixai les escaliers droits devant moi, je venais de perdre ma chance avec Lewis, il fallait désormais que je retourne à la maison purger ma peine, car forcément, vue ma malchance, mes parents avaient dû choper ma sortie nocturne, donc d’ici que mon père ne me déglingue pas la tête, il n’y avait pas des kilomètres. Au moins, ça, ça me ferait peut-être pleurer.
    J’allais donc repartir quand soudainement, une voix familière sortie de chez Lewis, il venait d’ouvrir la porte et apparemment, le blond s’en allait. Déjà !
    - Merci Sean, tu viens de me sauver la vie !
    - De rien, je te devais bien ça, assura-t-il en retour.
    - Ce qu’il m’a fait tout à l’heure, je le digérerai jamais, il est vraiment trop con ! Donc autant couper immédiatement, avant que je me lance dans une relation avec un petit joueur.
    - N’y pense plus, de toute manière, il doit être rentrer chez lui pour pleurer sa connerie ! Répondit, hilare, le blond nommé Sean.
    - Je suppose, mais le plus dur, ça va être de l’ignorer… Avoue qu’il est pas mal quand même, il a visage si juvénile…
    - Tu parles, des comme lui, tu en trouveras où tu veux !
    - Tu as raison, sans doute, je vais zapper ce gamin et trouver quelqu’un de mieux ! S’exclama alors Lewis, sans doute peu souriant, cela s‘entendant à sa voix. Bon allez, à bientôt Sean et encore merci !
    - Ouai, pas de problèmes, à bientôt mec !
    Quelques secondes plus tard, j’entendis le blond prendre l’ascenseur et la porte de l’appartement se refermer. Je n’arrivais pas à y croire ! Ils avaient joué la comédie ! Tout ça parce que j’avais fait le con et que Lewis ne voulait plus de moi désormais ! Du moins, c’était ce qu’il disait, mais visiblement, je lui plaisais plus que ce que je ne le présumais. C’était excellent !
    Sans réfléchir, je retournai donc toquer à la porte, décidé à ne pas laisser ce garçon me filer entre les doigts. J’étais homosexuel, il fallait que je l’admette, je ne pouvais plus rien y changer, c’était de plus en plus officiel, j’éprouverai une trop grande peine si Lewis décidait de me repousser à nouveau. Je le sentais au plus profond de moi, je ne pouvais plus le décevoir désormais, ni lui, ni moi.
    - Oui ? Dit-il en ouvrant de nouveau la porte, son t-shirt passé aux oubliettes. Oh non, je ne peux pas y croire !
    - C’était un mensonge ! Je vous ai entendu ! Lui dis-je, laissant mon regard descendre sur son torse, perturbé par cette vision.
    - Imbécile ! Casses-toi ! C’était un mensonge pour que je puisse me débarrasser d’un boulet tel que toi ! Merde !
    - J’en ai rien à foutre ! M’écriais-je en bloquant la porte de mon pied. Laisse-moi rentrer Lewis.
    - Non.
    - S’il te plaît.
    - Non, dégages !
    Alors, sans plus attendre, je le poussai à nouveau et le forçai à me laisser rentrer dans son appartement. Nerveux et surtout gêné, je perdis mes moyens lorsqu’il s’approcha de moi pour me tirer par les bras et me jeter une nouvelle fois dehors. Je résistai de mon mieux, mais la seule résistance que je parvins à avoir fût celle de me retrouver par terre, alors qu’il me tenait encore par les poignets.
    - J’hallucine Andrew… Mais t’es vraiment un môme…
    - Ecoutes… lui dis-je en relevant ma tête. Je sais que je ne suis pas doué, que je suis même un peu con, j’ai dû te blesser tout à l’heure, et si ce n’est pas le cas, je me suis blessé moi-même, je ne voulais pas l’embrasser, c’était sur toi que j’avais envie de courir, quand t’es apparu, ça m’a fait craquer et…
    - Arrêtes ton charabia Andrew et sors de chez moi, c’est limite de la violation de domicile.
    - Non, je veux que tu m’écoutes ! Insistais-je, toujours écroulé par terre. Lewis, pour moi, tout ça, c’est nouveau, je ne savais pas que j’étais attiré par les hommes, ou du moins, par toi, et ça me fout les boules tu sais ! Toi, t’as l’air habitué, tu t’en sors plutôt bien et tu acceptes ça facilement, mais pour moi, c’est complètement différent ! Il y a encore quelques temps, j’aimais les gonzesses, j’en étais convaincu et puis t’as débarqué dans ma vie et tu m’as donné envie de t…
    Je me coupai, n’arrivant pas à formuler ma phrase correctement. Lewis me regardait de haut, près à me jeter à la fin de ma tirade où j’étais profondément ridicule. Il me semblait qu’il n’y avait plus d’espoir quand soudainement, sans trop savoir pour quelle raison, il me lâcha les bras et me gifla à nouveau, me faisait tomber sur le côté. J’allais me redresser quand je sentis un violent coup de pied m’atterrir dans le bas du dos.
    - Aie !! M’écriais-je, endoloris.
    - Tu m’énerves ! Me répondit-il, s’éloignant de moi.
    Je me relevai tant bien que mal et le suivis, voulant savoir ce qu’il en était pour lui, il dû me sentir derrière son dos car il se retourna de vive allure pour me frapper une nouvelle fois, chose que j’esquivai avec brio, cette fois-ci.
    - Du calme Lewis, s’il te plaît… Je sais que j’ai fait le con, mais je ne mérite pas ça.
    - Non, tu mériterais que je te jettes dehors à coup de pied dans le cul ! M’hurla-t-il en m’indiquant la sortie du doigt.
    - Désolé… répondis-je en baissant la tête.
    Je devais être rouge comme une tomate tellement la situation me gênait. Cette fois-ci, je l’avais gravement agacé, je ne savais pas qu’il avait un caractère si brutal lorsqu’il n’était pas ravi, mais tant pis pour moi, je l’avais bien chercher sur ce coup. Alors, sans réfléchir, je lui bondissais dessus, près à l’embrasser. Cependant, il me repoussa fortement, me projetant contre le mur derrière moi. Mon visage se crispa au contact du béton qui me fit mal.
    Je l’observai de loin, les mains relevées, comme si quelqu’un était en train de m’arrêter. Il s’avança alors vers moi et soupira bruyamment, son regard ne m’indiquait rien de bond, lui qui était pourtant si rayonnant, vivant et chaleureux, ce soir, il n’était qu’une violence qui m’était intégralement destinée. J’en éprouvai beaucoup de douleur.
    - Pardonnes-moi… lui murmurais-je, le fixant tristement.
    - Tu parles, si je te pardonnes, demain, tu auras un comportement encore plus puéril que celui d’aujourd’hui, j’en ai marre de toi Andrew et ça ne fait que quelques jours que je te connais. Ca a été une grave erreur de te chercher, je n’aurais jamais dû ! Me cingla-t-il, dans une colère noire.
    Baissant les yeux, je ne savais pas quoi lui répondre, seule une solution semblait apparaître dans mon esprit, alors sans trop savoir pourquoi, je retirai mes vêtements un à un sous son regard médusé pour finalement me retrouver complètement nu devant lui. Cachant une certaine partie de moi en rougissant, je le regardai de nouveau et lui murmurai, la voix angoissée :
    - Fais ce que tu veux de moi pourvue que tu me pardonnes…

 

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